La Cohérence Cardiaque


Une méthode toute simple qui permet d'entrer en "cohérence cardiaque" : coeur et cerveau battent à l'unisson, et c'est l'apaisement dans la tempête, aussi bien physique que psychique.

La lecture par ordinateur des intervalles entre les battements cardiaques valide les intuitions des poètes : notre coeur bat au rythme de nos émotions. Mais l'influence de l'esprit sur le coeur n'est pas à sens unique ; les battements cardiaques ont aussi un impact sur le cerveau. Certains spécialistes évoquent aujourd'hui l'existence d'un véritable "système coeur-cerveau".

Ainsi, les cardiologues savent qu'une dépression qui survient peu après un infarctus est un très mauvais signe pour la survie du malade à court terme... Mais cette dépression est-elle psychologique, liée à la peur de la mort passée si près ? Ou d'origine organique, le coeur abîmé par l'infarctus n'étant plus en état de ressentir d'émotions agréables ? Nul ne le sait encore, mais on peut peut-être en conclure que des battements de coeur "cohérents", donc harmonieux, aident le cerveau à lutter contre la dépression et le stress. « La "mise en cohérence cardiaque" nous enseigne à regarder notre corps vivre l'émotion, à la voir se développer et s'évanouir naturellement, souligne David Servan-Schreiber. Elle permet notamment d'établir l'harmonie entre nos deux cerveaux. »

Comment s'y prendre?

Pour se mettre en cohérence cardiaque, il faut commencer par... respirer. Prendre plusieurs inspirations-expirations lentes et profondes en marquant une petite pause après l'expiration. Puis, après cette phase de stabilisation, porter son attention vers le coeur, visualiser ses mouvements lents, imaginer l'inspiration qui lui apporte l'oxygène et l'expiration qui le débarrasse de ses déchets. Enfin, on accompagne la sensation de chaleur qui se développe dans la poitrine avec des pensées douces : évocation du visage de ceux que l'on aime, images de la nature, ferveur de la prière... A chacun de trouver son émotion positive.

« Pendant cet exercice, on constate parfois qu'un sourire monte doucement aux lèvres, comme s'il était né dans la poitrine et venu éclore sur le visage. C'est un signal tout simple que la cohérence s'est établie », explique David Servan-Schreiber. Alors, c'est l'apaisement dans la tempête, aussi bien psychique que physique. D'ailleurs, lorsque la personne qui se met en cohérence est reliée à un logiciel informatique par des capteurs de type électrocardiogramme (technique dite du "biofeedback"), l'écran de l'ordinateur montre clairement la mise en cohérence des tracés cardiaques sous la forme d'ondes régulières et douces !

Avec l'habitude, la mise en cohérence cardiaque peut se pratiquer à tout moment de la journée et particulièrement en pleine action, au travail ou dans l'urgence, pour dénouer le stress. On peut aussi s'y initier en suivant des cours de yoga traditionnel (hatha yoga), une technique pluri-millénaire qui repose depuis toujours sur la cohérence coeur-cerveau.

Réconcilier nos deux cerveaux

Nous avons tous deux cerveaux, explique David Servan-Schreiber. Premier, émotionnel, le cerveau limbique (que nous partageons avec tous les mammifères) se préoccupe avant tout de notre survie. Ce cerveau émotionnel maîtrise l'équilibre physiologique (respiration, rythme cardiaque, etc.). Essentiellement connecté au corps, il communique par son intermédiaire et lui fait exprimer les émotions élémentaires comme la peur ou le plaisir. Le cerveau cognitif, lui, s'est formé au cours de l'évolution de l'espèce. Il recèle nos capacités de traitement de l'information classiquement assimilées à l'intelligence. C'est le cerveau cognitif qui déduit que cette forme longue aperçue dans le noir est un morceau de bois ; le cerveau limbique, plus rapide et prudent, aura déjà commandé un pas en arrière de crainte qu'il ne s'agisse d'un serpent.

« Nos deux cerveaux cohabitent, note le psychiatre. Ils peuvent s'ignorer, mais il arrive aussi qu'ils se court-circuitent à notre détriment. » Stress, anxiété, dépression témoignent notamment de la prise de pouvoir d'un cerveau sur l'autre. Ainsi, la victime d'une attaque de panique ne parvient plus à maîtriser son corps (coeur qui s'affole, estomac noué, poussées d'adrénaline et, surtout, sensation de mort imminente), alors que toute sa raison lui crie qu'il n'y a pas de danger réel.

A l'opposé, quand le cerveau émotionnel est étouffé par le cerveau cognitif, nous n'entendons plus ses appels au secours. C'est ainsi que l'on peut se satisfaire d'un emploi stérile, s'enfermer dans un mariage malheureux... Mais le cerveau émotionnel ne se laisse pas bâillonner si facilement ; il exprimera son malaise avec les mots du corps : fatigues inexpliquées, problèmes de peau, infections à répétition... »

(Christine Baudry, Psychologies Magazine)


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